La suite d'Histoires du Nord ...

dimanche 25 mars 2012

N-D de la Treille, un rêve malgré tout inachevé

Face à la crise politique et économique grave, la Révolution de 1848 accoucha d'une mesure inédite : la création des Ateliers Nationaux. Avec des moyens dérisoires et des salaires de misère, les ouvriers desoeuvrés trouvaient un travail "volontaire" par lequel on espérait les garder sous contrôler et réduire l'ardeur des revendications. A Lille, la motte castrale établie depuis le Moyen-Âge, la fameuse Motte-Madame, avait perdu de sa superbe. Depuis longtemps, elle ne jouait plus aucun rôle militaire, stratégique ni même institutionnel. L'endroit avait longtemps servi de dépotoir aux bouchers du quartier puis était, par l'entremise d'un cabaret, devenu un "lieu de perdition". Le quartier populaire s'il en est, devait retrouver un peu de lustre or l'église ancestrale, la collégiale saint-Pierre, avait été détruite par les acheteurs de Biens Nationaux lors de la Révolution de 1789 et des années noires qui suivirent. A son emplacement aujourd'hui, le Palais de Justice et le Conservatoire... et la statue du Maire André...





Une fois place nette faite devait s'élever là une basilique gothtique (il n'y a alors pas de siège épiscopal, Lille dépend de Cambrai). Usant des techniques les plus modernes dès le début de son érection, la basilique devait être l'ultime représentante du gothique en reprenant les meilleurs éléments des plus belles cathédrales de ce style en France.




Le poids démographique de plus en plus affirmé du nord du département obligea à une réfonte de la carte épiscopale. Lille devient Evêché en 1913, partageant le département avec Cambrai. De basilique, Notre-Dame de la Treille, dédiée à la Vierge tutélaire de la ville, passait au rang de cathédrale. Malheureusement, l'argent commença à manquer chez les principaux mécènes. Les grandes familles du textile, touchées par la Grande Guerre puis par la crise économique, ne pouvaient plus apporter leur écôt... Après la Seconde Guerre, la priorité était ailleurs... La cathédrale, achevée avec un autre projet à la fin du XXe siècle, ne reçut jamais ni tours ni flèche... mais l'on peut encore, dans un des transepts, admirer la maquette du projet et tenter d'imaginer quel visage aurait eu alors le vieux coeur de Lille.

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