La suite d'Histoires du Nord ...

samedi 31 mars 2012

BA 103 : soixante ans d'histoire... survolés

La petite histoire ne dit pas si c'est en allant contempler paître les vaches aux environs d'Épinoy qu'a germé dans l'esprit du jeune Louis Blériot le rêve de pouvoir un jour les admirer de bien plus haut que depuis le plancher.


Mais si ce n'est pas l'exorde de la fabuleuse aventure des Faucheurs de marguerites dont le ciel cambrésien sera le décor, il sera le théâtre d'une formidable histoire d'amour entre Cambrai et l'aéronautique, qui dure depuis soixante ans... En 1941, sous le joug des nazis, plus de mille ouvriers construisent à Épinoy trois pistes de goudron, d'où les avions de la Luftwaffe préparent l'invasion de l'Angleterre.



En 1951, en pleine Guerre froide, le site est retenu pour abriter une base OTAN. L'escadron 1/12 s'y installe en 1953. Rejoint en 1954 par le 2/12 Picardie et en 1955 par le 3/12 Cornouaille. Les bombardiers du 3/93 Sambre y poseront un temps leurs imposantes ailes d'acier... Algérie, Tchad, Lybie, Irak, Ex-Yougoslavie, Kosovo, Afghanistan : sur Ouragan, Mystère puis Mirage, les pilotes cambrésiens mèneront des missions aux quatre coins d'une planète en ébullition, assurant aussi la protection des centrales nucléaires ou la surveillance de sommets tels que le G8 d'Évian, en 2000.


Le 17 juin 2008, Nicolas Sarkozy dévoile le Livre blanc de la Défense. Le spectre d'une fermeture plane rapidement au-dessus de la BA 103.
Le 25 juin, plus de 1 500 personnes manifestent devant les grilles de la base. Une imposante chaîne humaine relayée le 4 juillet par une pétition riche de quelque 11 412 signatures déposée sur le bureau du ministre de la Défense. En vain. Le 24 juillet, le couperet tombe... Le 9 février 2011 est signé le contrat de redynamisation du site de Défense (CRSD). Une enveloppe de 34 ME pour accompagner la reconversion de la base, agrémentée d'avantages fiscaux et d'aides à la création d'emplois.



Les 26 et 27 juin 2010, sous les perfides uppercuts d'un généreux soleil, un dernier meeting en deux rounds met KO debout plus de 60 000 spectateurs. En mai 2011, le ciel cambrésien, nimbé de vrombissants bolides, sert de ring au Tiger Meet, un exercice estampillé OTAN. Le 23 mars 2012, quatre Mirage 2000 adressent leur dernier « Salut du Cambrésis ».



H. FÉ.
in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 31 mars 2012

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