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mercredi 31 août 2011

Les grandes abbayes, centres de culture

in Collectif - Visages de la Flandre et de l'Artois, collection "Provinciales", éditions les Horizons de France, Paris 1949


"Bonne Vierge fut Eulalie, Beau corps avait, plus belle âme. Voulurent la vaincre les ennemis de Dieu, voulurent lui faire diable servir. Elle n'écouta pas les méchants conseillant qu'elle reniât Dieu qui reste là-haut dans le ciel, ni pour or, ni ragent, ni parures, par menaces du roi, ni prières, ni nulle chose ne la put jamais plier, la jeune fille, qu'elle n'aimât pas toujours le service de dieu; et ce fut traduite devant Maximilien, qui, en ces jours, était roi sur les païens. Il l'exhorte à ce dont jamais ne se soucie, qu'elle abandonne le nom de chrétien" (traduction des auteurs)


Cantilène de Sainte-Eulalie, le premier texte en langue romane, Xe siècle, Bibliothèque de Valenciennes


"Le Ve siècle ne s'acheva point que saint Vaast, premier catéchiste de Clovis, n'eût été fait par saint Rémy évêque de l'ancienne cité des Atrébates, c'est-à-dire Arras. Après sa mort fut fondée sous son nom une abbaye destinée à devenir un foyer de civilisation, concurremment avec les abbayes de Saint-Bertin et de Saint-Amand, entre autres. Alcuin s'appuyait sur elles quand, sous le règne de Charlemagne, il voulait faire de la France une "Athènes chrétienne". A la requête de son ami Radon, abbé de Saint-Vaast, il composa une Vie du saint qui avait permis à Arras de refleurir. Egalement lié avec Arnon, abbé de Saint-Amand, il lui expirmait son bonheur de se diriger "vers les charmantes demeures de Saint-Amand, cherchant mon ami très cher, disait-il, afin de rafraîchir mon âme par de doux entretiens avec lui".

Les manuscrits laissés par ces trois monastères témoignent qu'ils assumèrent, ici comme ailleurs, le rôle de ne point laisser périr les humanités. Faut-il rappeler que leurs annales, celles de Saint-Bertin, entre autres, sont les premières sources de l'Histoire de France?

Si nous ouvrons les Phénomènes d'Aratus à laBibliothèque de Boulogne, nous trouvons ce manuscrit orné par un moine bertinien, au Xe siècle, de miniatures visiblement calquées sur des modèles latins ou byzantins. Autre exemple, le fameux Liber Pilosus que la Bibliothèque de Valenciennes a hérité des Bénédictins de Saint-Amand, contient sur des feuillets de parchemin qui se font suite, la Cantilène de Sainte-Eulalie et le Rythmus teutonicus, premiers monuments de la langue romane et de la langue germanique."

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