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mercredi 11 mai 2011

La tragédie de l'Adroit


1940, la « drôle de guerre » prend fin après des mois d’une interminable attente. Les armées allemandes envahissent la France. Dunkerque devient le théâtre d’une tragédie dont la silhouette éventrée de l’Adroit échoué sur le sable de Malo-les-Bains est une des images qui a le plus marqué les mémoires.

Au milieu des années 20, les Ateliers et Chantiers de France de Dunkerque se voient confier la construction du torpilleur car on sait y lancer des navires quasiment prêts à prendre la mer, voire à combattre. Mis sur cale en mai 1926, lancé en avril 1927, il est admis au service actif en octobre 1929. Après diverses affectations, il participe aux premiers rapatriements en juillet 1936 lorsqu’éclate la Guerre d’Espagne et participe vainement au contrôle naval sensé garantir que ce conflit reste strictement espagnol.

Lorsque la guerre avec l’Allemagne éclate, il fait partie de la flottille qui escorte les convois entre Grande-Bretagne et Afrique. La Belgique et les Pays-Bas, inquiets devant la menace d’invasion, demandent que leur sécurité soit renforcée. Il assure donc l’escorte de convois, notamment à Flessingue.

Le 15 mai, il est mitraillé par un avion alors que plusieurs attaques sont lancées sur les navires français et finalement, l’Adroit doit se replier sur Dunkerque. On lui confie l’escorte du pétrolier de 20.000 tonnes Salomé récemment lancé par les Chantiers de France mais la violence des bombardements l’en empêche et il faut se résoudre à saborder le pétrolier.

Le soir du 21 mai, il appareille mais un bombardier lui largue trois bombes. Si les deux premières le frôlent, la troisième le frappe de plein fouet. Elle tombe entre les deux cheminées, noie les chaufferies et le navire, mortellement touché, vient s’échouer sur la plage de Malo un peu après minuit. Le navire est évacué rapidement mais d’autres explosions le secouent : ses munitions et ses grenades sous-marines le transforment en épave quand sept explosions l’éventrent sur le coup de 2h30 du matin.

Quant à son équipage, il est affecté au Fort de Mardyck et est évacué le 30 mai. Ironie du sort, certains de ses marins prennent place sur le Bourrasque, qui est coulé lui aussi.

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