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jeudi 28 avril 2011

Albert Gayet, l'inventeur méconnu de la momie de Dunkerque

Quel est le point commun entre Grenoble de Dunkerque ? L’air pur ? Le Hockey-sur-glace ? Non, juste Albert Gayet…

Né à Dijon en 1856, ce fils d’un marchand de peau se passionne pour l’Orient au point de prendre Gaston Maspero pour directeur de recherches et de partir en Egypte. C’est que le Maître est une sommité, à l’origine, entre autres de la découverte de la momie de Ramsès II !

Sous l’autorité du Boulonnais Auguste Mariette, qui a créé en 1858 le service des antiquités égyptiennes au Caire, il fouille méthodiquement le pays. Mais la mode et la recherche privilégient les monuments purement égyptiens et se désintéressent des périodes postérieures : les monuments de cette époque sont grandioses et attirent les voyageurs. Mariette accepte en 1895 d’envoyer Albert Gayet à Antinoë, à 300 kilomètres plus au sud. La ville a été fondée par l’Empereur Hadrien, en 132, en l’honneur de son favori, Antinoüs, mort noyé dans le Nil. C’est une cité purement romaine dont les habitants adoptent facilement les us et coutumes des populations qu’ils côtoient. Gayet peut aussi constater la lente progression du christianisme, clandestin et persécuté, puis toléré et enfin officiel et suivre l’histoire de l’Egypte copte où le paganisme persiste, où les croyances s’influencent... La cité, importante, est même érigée en Evêché.

Quinze ans durant, Albert Gayet découvre d’importantes nécropoles coptes et exhume de nombreuses momies que le public peut encore admirer. A Dunkerque, la petite prêtresse rousse, fait exceptionnel, entièrement couverte d’or est largement connue du public. Quel enfant n’a pas fait le tour de cette « antiquité » découverte en 1906 qui ne correspond pas à l’idée que l’on se fait traditionnellement d’une momie ?

A Grenoble, c’est une prophétesse qui semble elle aussi dater du IIIe ou IVe siècle. Allongée elle aussi sur un lit de feuilles de figuiers, elle a conservé de riches habits coptes aux parures fines et délicates. Les découvertes majeures de Gayet sont partagées entre Paris et le Caire mais lorsqu’il décède en 1916, il lègue au musée de sa ville natale sa collection personnelle de tissus coptes, notamment les linges funéraires… mais nombre de ses découvertes sont disséminées un peu partout en France : notre momie n’est dunkerquoise que depuis 1907 !

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