La suite d'Histoires du Nord ...

vendredi 18 février 2011

Il parlait de liberté, de démocratie…

Au bout de la place Calonne, rue Lavoisier, se trouve un minuscule square rue Lavoisier. Sur ces quelques mètres-carrés, quelques bancs, des arbres et une stèle… que l’on finit par ne plus remarquer. Elle rappelle que la démocratie n’est pas une idée universelle… Au moment où se joue le destin politique du Moyen-Orient, le souvenir du Père Popieluszko doit interpeller ceux qui oublient combien la Liberté est précieuse et souvent chèrement payée quand on en est privé.


Né dans une famille modeste de paysans, Jerzy Popieluszko est ordonné prêtre en 1972, à l’âge de 25 ans. En octobre 1978, l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, est élu pape sous le nom de Jean-Paul II. Premier Pape venu du Bloc de l’Est, c’est un signe d’espoir pour les Polonais où l’Eglise catholique est la principale force d’opposition politique jusqu’à la naissance du syndicat Solidarnosc. Fondé dans l’illégalité par Lech Walesa, Jerzy Popieluszko en devient l’aumônier. En 1980, les chantiers navals de Gdansk se mettent en grève. L’état d’urgence est proclamé le 13 décembre 1981 sur ordre de Moscou. Plus aucun rassemblement n’est autorisé hormis les messes et Solidarnosc est hors la loi.


Le Père Popieluszko prononce de vibrantes homélies condamnant la dictature durant ses messes qui attirent des centaines de fidèles. La police politique cherche à provoquer les fidèles pour trouver motif à condamner le prêtre. En 1983, celui-ci est arrêté puis relâché grâce à la pression de l’Eglise. Il échappe l’année suivante à un accident de voiture destiné à le tuer. Le 19 octobre 1984, il est enlevé par la police mais son chauffeur s’échappe et alerte la population. Séquestré, le prêtre est torturé à mort, son corps lesté est jeté dans un réservoir d’eau de la Vistule. Il n’est découvert que plusieurs jours plus tard. Ses assassins sont condamnés à de lourdes de peines pour dédouaner le gouvernement mais en 1987, ils bénéficient de généreuses remises de peines. Plus de 500.000 personnes assistent à ses funérailles. L’homme qui parlait de liberté, de démocratie et de droits de l’Homme a contribué à l’affaiblissement du communisme totalitaire en Europe de l’Est. En 1997, le Pape Jean-Paul II ouvre son procès en béatification en tant que martyre de la foi. Le Père Popieluszko est proclamé bienheureux en 2010. Quant à Dunkerque, la stèle élevée près de la place Calonne rappelle que le sacrifice, décidé ou infligé, n’est pas qu’une affaire de foi, il est aussi l’ultime expression de la conviction.



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