La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 8 décembre 2010

fusion de Dunkerque, St-Pol-sur-mer et Fort-Mardyck

Le Grand Dunkerque ! C’est que la chanson est ancienne, d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître.

La peau de chagrin…

La puissance d’une ville s’est longtemps mesurée à ses murailles et au territoire qu’elle pouvait contrôler pour tirer une partie de ses ressources. Le XIXe siècle réduit considérablement le poids de Dunkerque. Entre poussée démographique et économie industrielle, les édiles dunkerquois sont témoins de la naissance de nouvelles communes aux activités variées et complémentaires : populations et entrepreneurs sont attirés par ces hameaux où l’on ne manque pas de place et où les canaux facilitent les transports. Comme la « peau de chagrin », la ville portuaire se résume vite au périmètre de ses murailles. Pis encore, elle perd même des habitants. Dunkerque n’a alors que peu d’usines à l’intérieur des murailles, la place manque pour construire et bien qu’elle ait annexé le Jeu de Mail en 1850 pour s’étendre encore un peu, les hameaux des alentours connaissent en règle générale une extension bien plus rapide.

Rosendaël, ancien hameau de pêcheurs et de maraîchers devient une commune indépendante de Coudekerque-Branche et de Téteghem en 1860, attirant à elle de nombreux bourgeois de la ville, attirés par ses vastes campagnes. Malo, issue de la section des Bains de Rosendaël, gagne son indépendance en 1891 et se transforme en station balnéaire. A l’ouest de l’agglomération, les décisions sont les mêmes : en 1877, Saint-Pol-sur-Mer est séparée de la commune de Petite-Synthe et perd son nom de Tornegat. Fort-Mardyck continue à se développer, gênée seulement par les privilèges de la concession des marins pêcheurs octroyée par Louis XIV.

Longue gestation, accouchement difficile

Si l’idée d’une « grande ville à côté d’un grand port » date de 1892, motivée par le simple constat que ville et port doivent se compléter, le passage aux actes est plus lent. Henri Terquem a bien théorisé la communauté urbaine mais la première intercommunalité ne voit le jour que durant la première guerre mondiale, coordonnée par Léon Marquis, maire de Saint-Pol, afin de faciliter les relations avec les autorités militaires. L’idée de se regrouper s’invite régulièrement dans les débats. Parfois, on a peu le choix, comme lors de la dernière occupation : les Allemands ne veulent pas multiplier les interlocuteurs. Le premier grand pas date de 1949 quand la mairie socialiste de Dunkerque émet le vœu de fusionner avec ses voisines : accord de Rosendaël, « oui » sous conditions à Petite-Synthe, réflexion à Saint-Pol, refus de Malo et de Coudekerque-Branche. Il faut encore attendre.

En 1959, force est de constater que seule une politique commune peut résoudre nombre de problèmes et que seule une grande ville est considérée comme un interlocuteur reconnu. Une association est alors créée sous la présidence de MM. Burnod et Prouvoyeur en 1961, arrivé à la charge majorale après le décès de Paul Asseman en 1966. Les travaux de fusion et la naissance de la Communauté Urbaine commencent simultanément. La démission de Paul Douchy à Malo précipite les évènements ! La campagne pour l’élection partielle devient un référendum mais sans passion : moins de 50% de participants ! Pourtant, la fusion entre Malo et Dunkerque n’en devient pas moins effective au 1er janvier 1970. Malgré les vicissitudes de la vie politique locale, la fusion avec Rosendaël est proposée à nouveau, toujours sous l’égide de M. Prouvoyeur, le 8 octobre 1971, Petite-Synthe enchaîne le pas à son tour, malgré l’opposition de quelques conseillers qui évoquent un « Anschluss ».

Résultat : au 1er janvier 1972 : Dunkerque dénombre 80.435 habitants et une assemblée de transition comptant aussi des représentants des villes fusionnées. Ultime sursaut à la fin des années 70 : pour compenser la perte de l’Albeck, quittant Petite-Synthe pour Grande-Synthe, Dunkerque peut s’associer avec la ville de Mardyck, pourtant éloignée de ses limites communales. La situation est inédite sur le littoral : deux entités s’affrontent avec deux conceptions opposées : le Grand Dunkerque de M. Prouvoyeur et la C.U.D., présidée par M. Denvers. L’idée d’un grand Dunkerque est toujours d’actualité malgré la tentative de fusion entre Saint-Pol-sur-mer et Dunkerque, rejoints par Fort-Mardyck, de cette dernière décennie, restée en suspend…

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