La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 8 décembre 2010

Au nom du (beau-)père, le général Aupick

Né en 1789 à Gravelines, les débuts de Jacques Aupick sont difficiles. Tôt orphelin, il est recueilli par l’ancien curé défroqué de la ville, Baudart. En 1802, il fait son entrée au Prytanée puis six ans plus tard incorpore Saint-Cyr.



En 1809, il est sous-lieutenant au 105e régiment de ligne. Son régiment se bat un temps en Espagne. Transféré au 141e de ligne en 1813, il y est élevé au grade de capitaine adjudant major. Les dernières années de l’Empire sont tumultueuses : il combat à Lützen, Bautzen, Dresde et Leipzig, enfin, avec le 46e de ligne, il est blessé à Fleurus en 1815. Son sort est suspendu aux aléas politiques de la première Restauration et des Cent-jours mais la défaite ultime de l’Empereur, il est mis en demi-solde jusqu’en 1818. Il est alors admis au corps d’Etat-major en tant qu’aide de camp de généraux. Il ne s’éloigne pas pour autant des armes puisqu’il participe en 1823 à l’expédition d’Espagne puis à celle d’Algérie en 1830. En Afrique, il passe lieutenant-colonel puis, à son retour, obtient le poste de chef d’état-major de la 7e division militaire à Lyon. Il y épouse en 1828 Caroline Archimbaut-Dufays, veuve de François Baudelaire, un homme du double de son âge… Dans la corbeille, la mariée apporte un enfant de 7 ans, Charles. Le garçonnet ne voit pas ce mariage d’un bon œil, il juge qu’il lui vole l’amour total de sa mère. Les relations avec son beau-père s’en ressentiront toujours. Leurs querelles sont violentes, d’autant plus qu’Aupick est partisan d’une éducation stricte. Il le sépare de sa mère en plaçant Charles en pension à 11 ans. Homme d’ordre, Jacques participe à la répression de l’insurrection du 12 mai 1839. Cette année là, il est nommé maréchal de camp. Ses relations avec Charles se dégradent ! Lassé de la désinvolture de son beau-fils, il le fait embarquer à Bordeaux pour les Indes mais Charles débarque à La Réunion et revient en France. Pendant ce temps, Aupick continue de gravir les échelons : en 1847, il prend le commandement de l’Ecole Polytechnique, l’année suivante, il est envoyé comme ministre plénipotentiaire à Constantinople par le ministère des Affaires étrangères. En juin 1851, il est ambassadeur à Madrid. Agé, il obtient sa mise en disponibilité en 1853 et devient sénateur. Décédé en 1857, l’année de la première publication des « Fleurs du Mal », il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse en compagnie de son épouse. Quant à son terrible beau-fils, il les rejoindra en 1867.

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