La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 29 septembre 2010

Saint-Laurent, général oublié

Né à Dunkerque en 1763, le jeune Louis Joseph Auguste Gabriel Saint-Laurent connaît une carrière exemplaire sous la Révolution et l’Empire. Lieutenant dans le Régiment de Metz-artillerie en 1781, Saint-Laurent est des campagnes d’Espagne de 1782 et 1783. Son escadre est commandée par Viallis puis d’Estaing.

Le 1er mai 1789, il est nommé capitaine. Artilleur, il sert à l’armée de l’Intérieur en 1792 et 1793 avec sous ses ordres un équipage de 150 bouches-à-feu cantonné à Saint-Denis… Ses qualités sont remarquées en ces temps si troublés. Nommé en l’an II chef de bataillon sous-directeur d’artillerie à Strasbourg, on lui confie à l’armée des côtes de l’Ouest un corps de 2.500 hommes. L’année suivante, il exerce les fonctions de directeur d’artillerie et des Parcs. L’an IV le voit de retour à l’Armée de l’Intérieur, en l’an V, il est de la Première division militaire, l’année suivante, il est à Paris puis à l’armée d’Angleterre et en l’an VII, à Mayence, puis à l’armée d’observation du Danube et du Rhin. C’est que les voisins de l’Empire sont vindicatifs, l’Empire né de la Révolution doit disparaître pour éviter que l’Ogre Napoléon ne dévore toute l’Europe…

L'éternité pour Saint-Laurent sous l'Arc de Triomphe





Une reconnaissance méritée

Le courage de Saint-Laurent est reconnu. En l’an VII, le général Muller demande pour lui et obtient une arme d’honneur pour récompenser sa conduite exemplaire lors de l’explosion d’un magasin de poudre au fort de Landau.

Il reste attaché aux armées du Rhin, des Grisons puis des côtes de l’Océan six ans durant. Le 11 fructidor an XI, il est élevé au grade de Général de Brigade. L’expérience du feu, ses actes de bravoure lui valent l’année suivante de devenir le commandant de l’école d’artillerie de Rennes, puis, une promotion venant rarement seule, il est membre de la Légion d’Honneur… Les années passent vite, les affectations se suivent. On le retrouve ainsi à la Grande armée jusqu’en 1808, puis l’année suivante dans l’Armée du Nord.


En le nommant Général de Division en juillet 1807, l’Empereur lui octroie le titre de Baron de l’Empire en 1810 et lui offre une dotation de 10.000 francs sur un domaine de Westphalie.


Comme nombre de ses confrères, il est de la guerre d’Espagne en 1812 et 1813, année à laquelle il quitte la péninsule ibérique pour l’Italie où le Prince vice-roi le décore de l’ordre de la Couronne de Fer, ajoutant une gratification et son portrait… Actif, il réussit à conserver à la France l’impressionnant parc d’artillerie que la Nation a encore en Italie…


En 1814, alors que l’Empire vit ses dernières heures, il est fait Grand Officier de la Légion d’Honneur, il est admis à la retraite en décembre… La retraite semble longue mais méritée. Il décède le premier septembre 1832 laissant un dernier souvenir aux Parisiens : son nom est gravé au côté sud de l’Arc de Triomphe de Paris…

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