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mercredi 15 septembre 2010

Michel de Swaen ou l’amour des Belles Lettres

Michel de Swaen est né à Dunkerque en 1654. La ville devient française en 1662 mais il faut du temps pour que Dunkerque cesse de parler flamand… La langue disparaît définitivement des rues vers la fin du XIXe siècle. C’est donc tout naturellement que Michel de Swaen rédige pièces et poèmes en flamand. L’homme voyage, notamment aux Provinces-Unies où il rend visite à son fils exilé. Il aime particulièrement l’atmosphère de liberté qui y règne alors que les Pays-Bas du Sud connaissent les affres de la guerre. C’est que Louis XIV ne cesse d’agrandir son « Pré Carré ».

L’homme est un savant : chirurgien et quincailler de profession, on le compte parmi les magistrats de la ville. Membre de la « Rederijskammer », la Chambre des rhétoriciens de Dunkerque, il est un fin lettré et bon orateur et comme ses confrères, ses écrits sont fortement teintés d’Humanisme. En 1687, il se voit décerner le titre de « Prince de la rhétorique de Dunkerque » et entretient d’étroites relations avec les autres chambres de rhétorique de la Grande Flandre. Il refuse cependant que ses œuvres soient publiées. C’est sans son autorisation de ses traductions d’ « Andronic » de Campistron et surtout du « Cid » de Corneille – qu’il a remis à l’intendant de Louis XIV – sont diffusées dans le grand public. La plupart de ses œuvres passent à la postérité à titre posthume. L’abbaye saint-Winoc à Bergues conserve ses ouvrages mais peu sont sauvés de la tourmente révolutionnaire.

Intéressé par l’Histoire, ses textes consacrés à l’Empereur Charles Quint exaltent le sentiment d’être flamand et catholique, au point que certaines de ses pièces sont encore jouées aujourd’hui. Refusant les particularismes, il n’écrit pas en flamand dialectal. Pour lui, tous les membres de la communauté doivent pouvoir accéder à son œuvre. Déjà l’on peut parler d’universalisme !

Nul doute qu’il n’aurait pas apprécié la polémique autour du collège qui portait son nom en 2007. Que son patronyme reste accolé à un centre de Documentation, quelle plus belle preuve de considération pour un lieu où forcément les enfants découvrent les Belles Lettres ?

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