La suite d'Histoires du Nord ...

mardi 14 septembre 2010

Disparu en plein ciel de gloire ... Dunkerque commémore le Capitaine Guynemer









Rangs serrés, tenues impeccables, drapeaux claquant au vent au pied de la statue de Guynemer à l’entrée du quartier du Grand Large, comme chaque année depuis 93 ans, l’Armée de l’Air se souvient du jeune capitaine de 23 ans disparu dans le ciel de Poelkapelle, en Belgique. Parti le matin du 11 septembre 1917 du terrain de Saint-Pol-sur-Mer, il ne revint jamais. C’est alors que l’homme est entré immédiatement dans la légende! Enterré par les Allemands, on ne retrouva jamais son corps, emporté dans le déluge de feu d’une préparation d’artillerie alliée. Nous sommes encore dans la bataille des Flandres. Quelques jours plus tard, c’est un cercueil vide qui fait son entrée au Panthéon, pour perpétuer le souvenir de Guynemer dont « la coupole n’est pas assez large pour ses ailes ». La France porte le deuil !


Que dire de Guynemer qui n’ait déjà été écrit ? Ne revenons pas sur l’homme qui, refusé par l’armée car trop chétif, entra par la petite porte comme volontaire et qui à force d’opiniâtreté, devint l’As des as des pilotes français au point de faire oublier Fonck, le plus titré d’entre eux. Mais Fonck, lui, avait survécu à la guerre. L’Armée de l’Air l’honora immédiatement, l’Ecole de l’Air fit sienne sa devise « Faire Face » et la première promotion d’élèves pilotes, en 1935, adopta le nom de ce prestigieux parrain. Comment ne pas remarquer dans l’assistance en rangs impeccables devant le Monument dunkerquois, le général Lasnier-Lachaise, ultime survivant des 57 élèves de cette première promotion ? Et de se souvenir que si les aviateurs portent la cravate noire, c’est pour porter le deuil du Capitaine de l’escadrille SPA3.Depuis, chaque année, sur toutes les bases aériennes, est lue la dernière citation de ce Chevalier du Ciel qui refusait le combat lorsque l’adversaire n’avait plus de munitions.

Coup de chance ou signe de Notre-Dame de Lorette, patronne des aviateurs, il fait un soleil radieux au pied de la courtine du bastion 32. Le Comité franco-belge du Souvenir Guynemer et les associations d’anciens comme des élèves des écoles de l’Air s’étaient déplacées pour honorer le héros au pied de la statue que les plus anciens ont connu avant la dernière guerre sur la digue de Malo.


Un détachement de la base aérienne 103 de Cambrai, accompagné du Fanion de la SPA 3, l’unité de Guynemer, ont rendu les honneurs militaires après avoir été passées en revue par le Colonel Gernez, commandant la base de Cambrai en présence des autorités parmi lesquelles le commandant d’armes le Capitaine de Frégate Leprince, lui même pilote de l’aéronautique navale. Devant les drapeaux des associations patriotiques, des députés-maires MM Delebarre et Hutin et de M. de Perthuis, petit-neveu du pilote, le capitaine commandant la SPA3, successeur de Guynemer a solennellement lu la dernière citation du héros, prenant la suite du Général Peron. Enfin, de nombreuses gerbes ont fleuri le pied du monument. Les hymnes nationaux closent alors la cérémonie qui s’est poursuivie à l’Hôtel de ville par les discours, remises de cadeaux et surtout le verre de l’amitié, dans la grande tradition dunkerquoise….

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