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mercredi 25 août 2010

Emile Coornaert, la fierté d’Hondschoote

Hondschoote, à l’ombre de la Wytte Tor et des ailes de ses moulins, garde le souvenir de son passé industrieux, du bruit de la bataille révolutionnaire, des interventions de Lamartine et du souvenir studieux d’Emile Coornaert.

Treizième enfant d’une famille d’ouvriers agricoles, il voit le jour à Hondschoote en 1886. Studieux, il décroche le baccalauréat mais la mort de son père l’oblige à se partager entre les bancs de la Faculté et la vie active. En 1906, licencié en lettres, il devient journaliste et poursuit ses études à Lille puis en Sorbonne. Bien que dispensé de service militaire, il s’engage en 1915. Démobilisé en 1919, il passe l’agrégation d’Histoire l’année suivante et enseigne à Alençon, Nancy et au Lycée Condorcet à Paris. Il se marie en 1920 mais en travailleur insatiable, il est Docteur est Lettres en 1930 et obtient le poste de Directeur d’Etudes à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, à la place de Marc Bloch, le fondateur de l’Ecole des Annales, une nouvelle façon d’étudier l’histoire qui prend plus en compte les groupes humains que les personnages… Sa carrière prend un nouveau tour en 1934-1935 car il est nommé à la chaire d’Histoire de l’Université de Sao Paulo au Brésil.

Les honneurs parisiens
En 1936, Emile Coornaert est le nouveau titulaire de la chaire d’Histoire du travail au collège de France où certains le méjugent : selon Maurice Halbwachs, il serait « un médiocre » au « fort accent belge »… Cela ne l’empêche en rien de travailler sur la sayetterie Hondschootoise et l’industrie de la laine à Bergues du XIVe au XVIIe siècle pour deux thèses et d’étudier les corporations avant 1789.
La guerre bouleverse les existences des Français. En 1941, il rejoint le réseau de Résistance créé par Henri de Montfort, le directeur des Services de l’Institut de France. Leur journal clandestin « La France continue » est des plus virulents. Avec « Université Libre » et « Témoignage chrétien », c’est un des rares journaux à dénoncer la situation des Juifs. Ce journal change de nom en juin 1945 en devenant « Ici Paris »…

Après-guerre, il relance le Syndicat Général de l’Education Nationale, le SGEN, affilié à la CFTC et en est élu président en 1944. Pour lui, le syndicalisme sert à transformer la société, sans haine ni violence mais il finit par démissionner de son poste suite au rejet d’une de ses motions ?


Historien acharné
La recherche est le cœur du métier d’historien. Travailleur acharné, il continue de publier ses travaux. En 1958, juste récompense pour celui qui a défriché les études sur le monde du travail, il est élu membre de l’Institut. L’enfant d’Hondschoote porte désormais l’habit vert des Académiciens et est nommé au Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, un siège qu’il occupe de 1969 à son décès en février 1980. Il expire à Paris mais est alors inhumé dans son village d’Allarmont dans les Vosges. Décoré pour ses actes durant la Grande Guerre puis dans la résistance, officier de la Légion d’Honneur, il est devenu un immortel par son entrée sous la Coupole et pour les enfants d’Hondschoote dont les écoles publiques portent le nom.

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