La suite d'Histoires du Nord ...

mardi 31 août 2010

de septembre 2010

C’est le mois de la rentrée, celle des classes, mais aussi la reprise des activités de façon générale. La magie des vacances avait redistribué les cartes du temps. On avait pris le temps de vivre. Les joies estivales, les retrouvailles entre amis et familles ne seront bientôt plus que d’agréables et nostalgiques souvenirs qui nous aideront à vivre demain.

Septembre amène l’automne, les marées, le déclin des jours, l’agitation quotidienne et la routine. Bien plus que le 1er janvier, le 1er Septembre marque le réel commencement de l’année, de la véritable reprise avec son cortège de bonnes intentions, de souhaits plus ou moins utopiques, qu’ils viennent de ceux en responsabilités ou de ceux qui voudraient bien y être ! «Demain sera nouveau et dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer» (Gaston Berger 1896-1960, industriel, et philosophe, entre autres travaux «inventeur» du terme « prospective » et père de Maurice Béjart.) Cette invitation de Gaston Berger est une invitation à regarder l’avenir avec confiance, sans nous laisser envahir par les déceptions du passé mais sans céder aux promesses pleines d’illusions, d’autres qui croient qu’ils sont les meilleurs ! Ne tombons pas dans les vieilles routines. La rentrée ne peut pas être qu’amertume ni que manifestations de principe avec des objectifs pas toujours avoués..

«Dire la vérité sur la réalité du pays et du monde, décider avec le souci constant de la justice, agir avec responsabilité dans l’équilibre des droits et des devoirs : il n’y a pas d’autre voie pour restaurer le respect que les Français attendent dans leur vie quotidienne, professionnelle ou privée, dans leurs relations avec les pouvoirs publics comme avec les élus. Le respect des personnes, bien sûr, mais aussi de l’autorité, de la loi, des valeurs…» A vous de trouver l’origine de cette citation !
Nouveautés, découvertes, changements, sans doute exigeants mais stimulants, sont au programme. Ne ratons pas le départ de septembre. Comme pour le cahier des écoliers, Septembre est une nouvelle page à ouvrir. Et pourtant il n’est que le neuvième mois de notre année, et il a même été déclassé puisqu’il était dans ses origines le septième.

Il vaut mieux pour nous qu’il ait gardé son nom d’origine car il a bien failli s’appeler Tibérius, voire Germanicus, ou même Tacitus, pour suivre l’exemple des mois de juillet et d’août comme nous l’avons vu. Ces innovations, motivées par la flatterie, envers les empereurs romains furent heureusement sans lendemain. Passé au neuvième rang dans les réformes des calendriers, quand on ajouta d’abord janvier, puis février, pour faire coïncider l’échelle du temps avec le rythme des saisons, il a gardé son nom d’origine. Le calendrier républicain, instauré par la Convention, faisait débuter l’année avec le mois de Vendémiaire, à l’équinoxe d’automne, ce qui correspondait à la création de la République. La première partie du mois était Fructidor, le mois de la récolte des fruits suivie des vendanges qui maintenant se font de plus en plus tôt ! C’est en septembre que se cueillent les pommes et se gaulent les noix, en particulier pour la sainte Croix le 14 : «A la Sainte Croix, cueille les pommes et gaule les noix». Dès le 8 : «A la Bonne dame de Septembre tout fruit est bon à prendre». Il est urgent de terminer la cueillette de tous les fruits car : «Ce que le mois d’août n’a pas mûri, ce n’est pas septembre qui le fera» et aussi : «En septembre, se coupe ce qui pend». Les raisins seront à maturité aux mêmes dates : «A la nativité, commence la maturité». Et encore : "Août murit, septembre vendange, en ces deux mois, tout bien s’arrange».

Les fruits de l’été feront d’excellentes confitures. Sortez bassine, écumoire, louche, dénoyauteur, tamis, cuiller de bois et autres instruments et mettez-vous au travail ! Faire des confitures apporte les joies de leur création, le bonheur de les déguster en famille au petit déjeuner ou au goûter, et le plaisir d’offrir ce qui est fait par soi-même. C’est renouer avec un art de vivre et une époque où l’on avait le temps de … prendre son temps !

La première quinzaine est encore estivale, souvent, mais la deuxième quinzaine est résolument dans l’automne. Les jours ont une durée moyenne de douze heures trente minutes, et vont encore diminuer dans le courant du mois. D’où cette recommandation d’un dicton du Bourbonnais : «A la saint Leu, la lampe au cleu» et dans nos parlers du Midi : «Oou mes de setembre, lou caleu es a pendre». Lou caleu : la lampe à huile.
Malgré ce raccourcissement de la durée du jour, le temps reste encore agréable et cette arrière saison est parfois plus belle que le primus tempus, le printemps.

Avec une lune descendante et décroissante jusqu’au 14, septembre s’annonce avec des perturbations qui pourraient être importantes autour du 8 et 9 avec de grandes marées au coefficient 115, la lune à son périgée et la nouvelle lune le même jour : « Septembre emporte les ponts ou tarit les fonts». Nous avons dans notre Midi la triste expérience de ces pluies torrentielles dues au désormais célèbre phénomène «cévenol». Pourtant ces pluies sont bénéfiques de façon générale et tous les dictons de septembre les louent comme celui-ci : «Pluie de septembre, joie du paysan» ou celui-ci : «Septembre humide pas de tonneau vide».

Cette année 2010 nous avons échappé à la canicule, mais le manque de pluie est important ce qui ne laisse pas présager d’une bonne récolte de truffes !
Septembre est un mois où les travaux agricoles vont bon train : «En septembre, les feignants peuvent s’aller prendre». Les labours commencent et la vendange approche : «Oou mes de setembre lou rasin es bouen à pendre». «Septembre le vaillant surmène le paysan».

Ce sera pour les Musulmans la fin du jeûne de ramadan et la grande fête de l’Aïd el Fitr et dans les jours qui suivent, pour les Juifs le premier jour de l’an hébraïque, le 1er Tisseri ou Tichri, de l’an 5771 date supposée du premier livre de la Genèse, le Roch Hachana suivi des fêtes du Grand Pardon le Yom Kippour. On redoute à chacune de ces fêtes des troubles entre populations voisines et nul ne peut oublier un certain 11 septembre !

Septembre c’est le départ de la plupart des oiseaux migrateurs qui comme «l’hirondelle en septembre abandonne le ciel refroidi de l’automne» et poursuivent leur long pèlerinage, souvent vers l’Afrique et des cieux plus cléments. Septembre, c’est enfin le mois de l’ouverture de la chasse.

Le 23 septembre c’est l’équinoxe et le début de l’Automne. Dans le calendrier grégorien, les dates d'équinoxes varient suivant les années. En effet l'orbite terrestre n'est pas tout à fait circulaire et sa vitesse dépend donc de sa position. En conséquence, les saisons ont une durée inégale. L’an dernier l’équinoxe était le 22 septembre. Ce sera à nouveau à cette date en 2012. Il tombera le 21 septembre en 2092 pour la première fois depuis l'instauration du calendrier grégorien en 1582. Cela se reproduira en 2096, puis à nouveau en 2464. Il est tombé un 24 septembre 2 fois au tout début du XIXe siècle et 8 fois au début du XXe siècle ; il tombera pour la dernière fois à cette date en 2303. Adaptation nécessaire de nos calendriers à la course du temps !

Après l’équinoxe du 23 septembre, la fête de Saint Michel, le 29 septembre, a une grande importance dans le monde paysan. C’est presque partout à cette date que se tiennent de nombreuses foires. On peut dire, sans exagération, que l’année agricole a pour «jour de l’an» le jour de la saint Michel. A cette date, la terre est franche d’obligations. Elle ne porte plus aucune récolte et n’a pas reçu encore de semences. Les labours eux-mêmes ne commencent que dans les derniers jours de septembre pour s’achever dans les premiers jours de novembre : «De la saint Michel à la Toussaint, laboure grand train.»

C’était le jour de la saint Michel que prenaient fin traditionnellement les baux de fermage, ou qu’ils étaient renouvelés. De même c’est à la saint Michel qu’étaient "débauchés" ou «embauchés» les commis de ferme et les autres personnels. D’où, pour la saint Lambert le 17 septembre, ce vieux dicton qui invite à la prudence : «Le jour de la saint Lambert, qui quitte sa place la perd». C’est dans la deuxième quinzaine de septembre, en effet, que se préparaient, entre fermiers, ouvriers et commis, les engagements réciproques pour l’année agricole à venir.
La saint Michel marque les derniers jours de chaleur : «A la saint Michel, la chaleur monte au ciel

Il est temps d’espérer ces pluies d’automne que l’on redoute pourtant… «Quand l’aoubo de san Miqueou est tapado, ploou quaranto jour e pie uno pasado» : "Quand l’aube de la saint Michel est couverte, il pleut quarante jours et plus encore… !!" «Lei pluio de san Miqueou, Soun jamaï restado au ceou» «Les pluies de saint Michel, ne sont jamais restées au ciel…»
Il devrait faire beau entre le 13 et le 19, en lune croissante et pourtant descendante, jusqu’à la pleine lune du 23 qui se situe en lune montante alors qu’elle-même va décroître. Ce sera une nouvelle période de perturbations et si vous dormez mal, vous penserez peut-être à ma chronique !

Bon automne, Bonne rentrée, bon travail !

A Diou sias.
Jean Mignot
Au trente et un du mois d’août 2010 ( air connu !)

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