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dimanche 30 mai 2010

Reconstitution et défilés pour les soixante-dix ans de l'opération Dynamo

Bienvenue au fort des Dunes à Leffrinckoucke, ambiance mai - juin1940. Tenue militaire de rigueur
Hier, plusieurs défilés et cérémonies célébraient le soixante-dixième anniversaire de la bataille de Dunkerque.
À Bray-Dunes, le 6e groupe de reconnaissance de corps d'armée, une unité d'éclaireurs, a défilé sur la digue.

«Notre unité, qui n'a existé qu'en 39-40, était la première et la dernière au feu, explique fièrement Frédéric Guidicelli, mousqueton et baïonnette à la ceinture. Nous reconstituons cette unité le temps d'un défilé pour honorer la mémoire de nos descendants.» Après un hommage aux morts britanniques, les soldats anglais - des vrais, eux - ont goûté les frites françaises sur le front de mer.

Au fort des Dunes, à Leffrinckoucke, il y avait une autre reconstitution : celle d'un campement de l'époque, grandeur nature. En juin 1940, ce fut le poste de commandement de la 12e division d'infanterie motorisée, afin de protéger le port de Dunkerque.

Tentes de toile, cuisine roulante, ballots de paille, chenillette, sons de bombardement : voilà pour le décor. Au milieu, des hommes jouent les soldats de l'époque. Huit Anglais sont même venus en camion militaire pour se joindre au campement.

«La reconstitution, ce n'est pas seulement un déguisement. C'est une passion pour la France de 1940. Il faut de la rigueur et de la patience pour apprendre les moindres détails», raconte Jean-François, bibliothécaire dans la «vraie» vie. Depuis deux nuits, il porte un uniforme de caporal et dort dans ce bivouac improvisé.

Un autre passionné de reconstitutions en a fait son métier : Alexandre réalise des copies d'uniformes de l'époque depuis huit ans. Il a passé tous ses week-ends du mois de mai à des commémorations. «A force, on recroise les mêmes têtes, on se reconnaît à nos habits !» Lui joue un artilleur.

À 18 ans, Valentin «reconstitue» lui aussi et collectionne passionnément. «J'avais un grand-père et un arrière-grand-père militaires», rappelle-t-il en montrant fièrement sa gourmette de soldat.

Les derniers vétérans
Une reconstitution qui émeut Jean-Paul Vermersch, dont le père s'est battu contre les Allemands : «Les obus, il les a vus de près. Il faut transmettre aux enfants.» Même émotion au défilé à Dunkerque. Environ cent cinquante militaires français, anglais, belges et tchèques ont paradé devant les vétérans. «C'est peut-être la dernière décennie où l'on sera encore là pour se souvenir», souffle l'un d'eux. •
in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 30 mai 2010

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