La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 21 avril 2010

Sous les pavés, l'histoire

Pour une ville comme Dunkerque, la recherche du passé est souvent une quête difficile. Les archives écrites anciennes manquent souvent, surtout pour le Moyen-âge et il est difficile de programmer des fouilles archéologiques. Dunkerque, ville et port a connu de nombreuses vicissitudes : de guerres en bombardements, de nombreux documents ont disparu et les sols maintes fois bouleversés autant par les dégâts des différents sièges que par les reconstructions.

Il faut donc profiter de la programmation de grands travaux pour ouvrir le sol, fouiller les entrailles de la terre et tenter d’en lire les archives cachées. Les projets de réaménagement de la place de Gaulle en fournissent l’occasion rêvée.

Au nord de la ville médiévale, presque adossée aux remparts du XIVe siècle, il semble que l’on puisse y trouver une partie des fondations du château édifié par Robert de Cassel, que les révoltés flamands ont démoli en 1328. Il devait se situer aux alentours de la rue Poincaré et de la rue du château. Difficile d’imaginer qu’une fortification de grande taille ne laisse aucune trace. Les documents sont surtout plus prolixes en ce qui concerne les périodes plus récentes. Dès que Dunkerque tombe entre les mains de Louis XIV, Vauban dresse un plan d’organisation des nouveaux quartiers à élever dont la jonction avec la partie la plus ancienne de la ville s’opère entre la Place Royale, devenue Place Jean Bart et la Place Dauphine, aujourd’hui place du Général de Gaulle. La démolition des anciennes casernes qui se dressent derrière l’église Saint-Eloi permet de rectifier la rue des vieux quartiers (rue Poincaré) et définir de nouveaux lotissements en bordure de la Place Dauphine, devenue un lieu de promenade très prisé car plantée de tilleuls, seul espace vert à l’intérieur du clos de murailles.

Peut être pourra t on aussi y trouver des traces de la rivière de la Panne dont des fouilles ont mis en évidence le passage sous l’église saint-Eloi, dans le sous-sol de laquelle on a retrouvé un puits.

Plus proche de nous, la place a trouvé de nouvelles fonctions. En 1836, la municipalité désire une nouvelle salle de spectacle plus propice aux grandes représentations théâtrales et à l’opéra. Il faut remplacer la salle construite en 1777 rue de Nieuport (actuelle rue Benjamin Morel). Le projet initial est confié à l’architecte communal Charles Henry. Il imagine une salle de 1.150 places qu’il veut au centre de la Place Dauphine, là où se trouve l’actuelle fontaine. Du coup, on arrache les tilleuls qui ombrageaient la place. Son décès en 1840 l’empêche de mener son projet à terme qui est confié à François-Napoléon Develle qui inaugure le théâtre seulement en 1845.

Après la seconde guerre mondiale, la place est agrandie et accueille le nouveau théâtre ainsi que le musée des beaux-arts alors que la totalité du quartier se relève, effaçant définitivement les traces des occupations anciennes.

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