La suite d'Histoires du Nord ...

lundi 26 avril 2010

Journée de la déportation : comme chaque année, les homosexuels ont attendu leur tour

Une fois la cérémonie officielle terminée, une autre débute avec un nouveau dépôt de gerbe par les Flamands Roses

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, des hommes et femmes ont été déportés en raison de leur homosexualité. Un fait historique toujours pas pleinement reconnu. Illustration hier matin, lors de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, au mémorial de la Noble Tour. Les associations homosexuelles sont invitées par le préfet depuis cinq ans, ce qui n'est pas le cas partout en France. Mais sont mises à l'écart, à cause du refus des associations d'anciens combattants et déportés, du déroulement de la commémoration et du dépôt de gerbe. Ce n'est qu'après, une fois la plupart des participants partis mais avec les élus, qu'une deuxième cérémonie débute.


Elle est organisée par les Flamands Roses, avec dépôt d'une autre gerbe. Dans un discours, ils renouvellent leur «appel national en faveur de la reconnaissance officielle, par la République française, de la déportation pour motif d'homosexualité». Ils souhaitent que les associations homosexuelles participent à la préparation des cérémonies «dans un esprit de dialogue, de respect et de compréhension mutuels. (...) Nous rappelons que nous sommes très attachés à l'unité du souvenir de la déportation.» Et de demander, notamment, de contribuer au financement de la gerbe commune.

Si sur ces objectifs elles soulignent leur accord, se démarquent deux autres associations homosexuelles, l'Égide et les Oublié(e)s de la mémoire, dont le président national Philippe Couillet était à Lille hier : «On n'est pas pour cette cérémonie parallèle, on est pour l'unité. » Il met en avant « un travail de fond à l'année avec les associations d'anciens combattants et mémorielles».

De son côté, la mairie rappelle son soutien aux associations homosexuelles : "Elles doivent être associées à la cérémonie officielle. Martine Aubry a toujours oeuvré en ce sens par des courriers au préfet, note Dalila Dendouga, adjointe à la lutte contre les discriminations . Il y a un blocage que nous regrettons. Il ne faut pas d'exclusion à la souffrance. »

in LA VOIX DU NORD, édition de Lille du 26 avril 2010

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire